les tournées marchées

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La marche est écologique – on ne brûle pas des centaines de litres d'essence et on n'use pas le bitume. C'est plutôt le bitume qui use nos pieds. Si possible choisir son équipement avec soin, éviter le made à l'autre bout du monde pour limiter l'impact sur la planète – La marche est économique – à part une bonne paire de chaussures et un sac à dos adapté pas de gros frais à prévoir – La marche est naturelle – c'est notre moyen de déplacement le plus inné – La marche est bénéfique – pour le corps et l'environnement. Et aussi pour l'esprit qui s'allège allègrement de ce qui l'encombre d'habitude – La marche est politique – privilégier la lenteur est un acte citoyen qui va à contre-courant de la vitesse qu'on impose dans nos vies. Marcher est le choix qu'on fait de ne pas contribuer à la société qui consomme à l'infini – La marche est poétique – elle nous permet de regarder attentivement ce qui nous entoure, d'écouter tous les sons qui viennent à nous, de laisser libre cours aux pensées, à la parole et à l'imaginaire qui se déploie




ICI un solo poétique, lyriquement sauvage

septembre-octobre 2022 | de Saumur à Nantes

190 km, 15 jours de marche, 12 représentations
 

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A chaque tournée sa particularité. Ici, ce sont les oiseaux. Tout au long des cent quatre-vingt-dix kilomètres de Saumur à Nantes ils sont là. En nombre, élégants, légers, très bruyants et vraiment partout. C'est beau. Par contre, il n'y a plus beaucoup d'eau dans la Loire ni dans les autres rivières. Il y a des lits complètement à sec. C'est moins beau.
Les oiseaux sont souvent en groupe et ils font un boucan d'enfer magnifique. Les étourneaux, les canards, les corbeaux et les autres. L'automne est dans l'air et j'aime.
Je fais quelques détours volontaires et d'autres non prévus. Je me pose, parfois dans l'herbe ou dans le sable, parfois dans un café lors d'une traversée de ville, pour réécrire des passages du spectacle qui évolue continuellement. Je ne prends pas beaucoup les chemins que j'ai déjà emprunté en mai, je suis la plupart du temps en terre inconnue. Je passe entre autres au bout du monde, au cul froid et sur l'île de Châlonnes que je découvre. C'est le paysage le plus paisible de la tournée, l'arrivée sur l'île. Le lendemain par contre, il y a la battue aux sangliers, la "paisibilité" n'est plus.

Faire une tournée à pied c'est génial. Et fatiguant. Il y a l'exploit physique, mais aussi l'énergie que demande l'adaptation à un nouveau lieu tous les soirs. Heureusement je suis gâtée de vos belles présences, hôtes·ses et public confondu.
Un jour de pause, je suis accueillie de façon improvisée et me régale des histoires, du cheesecake et du curry de P. Je fais aussi quelques jolies rencontres sur les chemins. Avec ce marcheur qui balise une nouvelle voie de pèlerinage. Avec plusieurs personnes d'un certain âge, curieuses et très bavardes. Un midi, je me fais aborder par les habitués du Kebab sur la grande place, intrigués par la végétation qui dépasse de mon sac. Une drôle de bande, des très joyeux citoyens du monde. D'ailleurs, vos bouquets de fleurs, de sauge et de verveine citronnée ont fait tout le voyage, puis joué sur la scène du TNT à Nantes et sont arrivés jusqu'à chez moi. Les bouquets de plumes de paon sont restés sur place, mais ont merveilleusement sublimés la scène ce soir-là.
Sous un grand soleil qui cache la lune pleine j'arrive à Nantes et dans ce petit théâtre, à l'abri de l'agitation urbaine, je joue une belle dernière fois. Avant la prochaine fois.


 

juillet-août 2022 | en Périgord noir, entre Vézère et Dordogne
120 km, 11 jours de marche, 10 représentations
 

Dans le désordre : J'ai eu chaud. Très chaud. Trop chaud. Mais j'ai marché quand même. J'ai chanté quand même. Je me suis baignée dans la rivière. Plusieurs fois. Et à chaque fois que je pensais avoir trouvé un spot caché et tranquille, mon idylle a été perturbé par le passage d'innombrables canoës. J'ai aussi découvert six lavoirs, mais un seul permettait de se rafraîchir vraiment et de plonger dedans entièrement. J'en ai bien profité. J'ai dormi dans une cabane et dans une caravane. J'ai chanté sur un tilleul. J'ai été piqué par des moustiques et griffé par des ronces. J'ai fait une sieste en forêt. J'ai dû adapter mon itinéraire, parce que la carte correspondait pas à la réalité du terrain ou parce que je ne trouvais pas les chemins secrets conseillés par les locaux. J'ai dû faire des détours, à cause des nombreuses propriétés et chemins privés. J'ai eu peur de me faire renverser, pendant deux kilomètres, sur une départementale coincée entre falaise et rivière, sans espace pour le piéton. Au début j'ai vu essentiellement des grandes propriétés, avec piscine et pelouse bien tondue, puis, plus au sud, pour la première fois des fermes avec leurs bâches noires et leurs pneus et aussi des maisons assez délabrées. J'ai vu des arbres centenaires. J'ai appris à imiter le bruit d'un cheval au galop avec mes mains. J'ai filé un coup de main pour sortir les cadres d'une ruche. J'ai écouté les cigales chanter. J'ai chanté. J'ai marché dans la fumée des incendies de Gironde. J'ai marché sous la pluie. Un peu. J'ai marché au lever du jour. J'ai chanté dans la rue. J'ai goûté aux spécialités des unEs et des autres, de la région ou d'ailleurs. J'ai été gâté par mes hôtesSes, dont une hôtesse de l'air, une espagnole au cœur d'or, un couple de cavaliers, un grand farfelu aux talents multiples, des elfes forestiÉres, deux amoureux de la gastronomie italienne, une passionnée des masques de carnaval, une troupe de joyeuXses bonNes vivanTes, une grande amie des chats, des propriétaires d'une immense grotte secrète, une bande de pies et un hôte fantôme, mais tout aussi accueillant que les autres. J'ai eu du très beau monde en public et de tout âge.

mai 2022 | de Nantes à Chênehutte
155 km, 11 jours de marche, 9 représentations

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Pendant 11 jours et sur 155 kilomètres, sous un soleil brûlant j'ai longé la Loire. A peu près. Parce qu'en vrai, la rivière s'est faite désirer. Inaccessible à pleins d'endroits ou bien desséchée, je n'ai pas pu mettre les pieds dans l'eau souvent. J'ai inventé un chemin. Parfois j'étais sur la Loire à vélo, parfois j'ai tracé à travers champs, sur des chemins indiqués mais invisibles, envahis par des ronces, des orties et de l'herbe haute, j'ai fait de longues kilomètres sur le bitume, sans ombre, j'ai traversé une rivière (pas la Loire) parce que le pont n'était pas encore installé, mouillée jusqu'aux hanches je suis arrivée de l'autre côté, j'ai longé les voies ferrées...

J'ai vu un cygne qui n'en était pas et un cygne pour de vrai, des êtres électrifiés en forêt, des cyclistes qui disent pas bonjours et d'autres si, trois randonneurs, deux chatons abandonnés, des moutons sous un chapiteau de cirque breton, des ouvriers qui plantent des arbres en pot, des champs et des poupées de coquelicots, des orties géantes, des arbres menaçants, la terre craquelée, des déchets dans l'herbe, des ponts de toute sorte, des panneaux qui interdisent, des graffitis, du sable à perte de vue...

Une marche solitaire la plupart du temps et ce n'était pas à me déplaire. De toute façon, j'ai rencontré du monde chaque soir. Et je remercie du fond du cœur touTes celleux qui m'ont accueilli si merveilleusement, Marine, Jennifer, Barbarie, Marie-Hélène, Catherine, Christophe, Géraldine, Véronique, Séverine, Mikael, Katia, Samuel, Mme Valentin, Laurence, Laure, Arnaud et Tifenn !

 

été 2020 

LES OISEAUX VOLENT 
ET NOUS MARCHONS


Concert poétique, 35 jours de marche sur le chemin de Compostelle, 
23 représentations en soirée dans les villages d'étapes, 700 km à pied entre Aumont-Aubrac et Saint-Jean-Pied-de-Port,  1 sac à dos et 1 paire de chaussures, quelques instruments et accessoires

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LES OISEAUX VOLENT ET NOUS MARCHONS se sont des chants de partout et pour tous les temps. De la musique classique, interprétée dans son état le plus pur ou de façon très détournée et des chants du monde. Des textes parlés viennent compléter l'histoire qui se tisse. C'est une esquisse de ce que pourrait être la vie, simple et sincère. La voix dessine le chemin. Elle est parfois le seul instrument, parfois accompagnée par le ukulélé ou de petits instruments en matériaux recyclés et d'objets quotidiens que l'on peut trouver dans le sac à dos d'une marcheuse.
Le spectacle est écrit mais s'adapte aux différents lieux, aux acoustiques, aux publics, il est prêt à sortir des balisages. Je joue dans les petites églises des villages ou chez l'habitant. Dans une envie de proximité avec ceux et celles qui écoutent et regardent.

Récit de mon voyage publié dans le magazine L’Écho des chemins de Saint-Jacques.